Je suis entré
le premier.

J’avais à peine entendu la cloche en accrochant la porte. Devant moi : des rangées de cassettes VHS et BETA. J’avais deux trous noirs à la place des yeux. Tous les titres s’engouffraient dans mon cerveau d’ado. J’étais figé. Comme dans un magasin de bonbons.
Derrière moi, mes deux chums, Marc et Sébas, entraient en se bousculant pour voir. On regardait les titres : Elvis Gratton, A Clockwork Orange, Monty Python… On voulait tout louer.
On avait quinze ans. C’était en 1984. On se tapait une douzaine de films par semaine. Les soirs où on n’en regardait pas, on se retrouvait dans un parc pour rejouer des scènes. On aimait particulièrement les sketches des Monty Python : l’humour, la dérision, l’absurde, la philosophie cachée quelque part entre deux niaiseries.
À un moment donné, on s’est mis à inventer nos propres scènes. On les écrivait, on les jouait, on les réalisait chacun notre tour. On ne se filmait pas, mais tous les plans existaient déjà dans nos têtes. Et chaque fois que j’y repense, je les remonte différemment.
Aujourd’hui, Sébastien est réalisateur. Il a écrit et réalisé quatre longs métrages. Marc est avocat. Il continue à écrire des scénarios, mais avec des honoraires pas mal plus élevés.
Et moi? J’ai passé ma vie à faire à peu près ce qu’on faisait dans ce parc.
J’ai étudié en publicité. J’ai été concepteur, scénariste, réalisateur, producteur, monteur, comédien et metteur en scène. Pendant huit ans, j’ai aussi dirigé ma propre entreprise de production et de postproduction. J’ai travaillé en télévision, en fiction, en documentaire, en publicité et sur toutes sortes de projets où il fallait partir d’une idée, trouver la bonne forme, convaincre du monde d’embarquer, régler les problèmes et, idéalement, finir avec quelque chose de meilleur que ce qu’on avait imaginé au départ.
Je connais la création. Je connais la production. Je connais les plateaux. Je connais la postproduction. Je connais aussi cette merveilleuse étape où quelqu’un dit : « Ça devrait être assez simple. » Habituellement, c’est là que les problèmes commencent. Et j’aime ça.
J’ai souvent changé de chaise. Mais je suis toujours resté autour de la même table. Celle où on raconte des histoires.
Je ne sais pas si, à quinze ans, dans ce parc, j’aurais été capable d’expliquer ce que je voulais faire dans la vie. Mais je pense que j’étais déjà en train de le faire.

Formation
- L’inis — Atelier Jeu et Gym pour réalisateur et comédien, septembre 2019 à avril 2020
- INIS — Direction d’acteurs, 2017
- L’inis — Formation intensive d’un an en écriture de long métrage, 2019
- L’inis — Formation intensive de quatre semaines en écriture de séries télévisées, 2018
- HEC Montréal — Administration des affaires et gestion, 2001
- HEC Montréal — Formation des cadres télé/cinéma, 2007 · Bourse Téléfilm Canada
- Université de Montréal — B.A. Arts et sciences, communication-publicité, 1996
Prix et distinctions
- Prix d’excellence — Société des musées québécois
- Prix national CASCADE, 2009
- Meilleure mise en scène — Tentations de Václav Havel · Festival international de théâtre amateur de Montréal, collectif
Scène et transmission
- Acteur — Plusieurs productions théâtrales
- Professeur d’improvisation
- Professeur de montage vidéo